C’est la dépense moyenne pour un salarié des communes rurales chaque année, soit 2,7 fois plus que pour un salarié des grands centres urbains. Un chiffre qui rend les régions rurales, comme la Bourgogne-Franche-Comté, particulièrement vulnérables aux enjeux de décarbonation.
Selon une analyse de l’Insee, un salarié résidant dans une commune rurale est associé à 22 tonnes de CO₂ par an, contre 7,7 tonnes pour un salarié du centre urbain de Paris. Cet écart ne tient pas aux comportements individuels mais à la structure économique des territoires.
Dans les zones rurales, 27 % des salariés travaillent dans des secteurs fortement émetteurs, contre 15 % dans les grandes zones urbaines. Agriculture, industrie, transport ou logistique y sont plus présents, alors que les grandes métropoles concentrent davantage les services peu carbonés.
Cette réalité place les territoires ruraux en première ligne de la transition climatique. Les politiques climatiques reposent en partie sur la tarification du carbone : pour réduire les émissions nationales de 10 %, les économistes estiment qu’une taxe d’environ 54 euros par tonne de CO₂ serait nécessaire. Or, les territoires où l’activité économique est la plus carbonée, souvent les territoires ruraux, risquent d’être plus directement exposés à cette hausse des coûts.
Pour des régions comme la Bourgogne-Franche-Comté, où l’industrie, l’agriculture et les transports occupent une place importante dans l’économie locale, la transition énergétique constitue donc à la fois un risque et un enjeu stratégique : celui d’accompagner les entreprises dans leur transformation sans fragiliser les territoires productifs.
Texte : Zoé Benoit