Réuni en séance plénière le 27 avril 2026, le CESER Bourgogne-Franche-Comté a examiné la déclinaison 2026 du plan de mandat régional. Parmi les points abordés : l’apprentissage, l’alliance entre science et entreprises, et bien sûr la récente mesure rendant les CESER facultatifs.
Apprentissage : un système sous tension financière
Depuis 2018, la Région n’est plus pilote de l’apprentissage mais contributrice via France Compétences. En 2025, la dotation atteignait 14,7 millions d’euros, soutenant 87 CFA et 156 sites.
Pour 2026, elle chute à 7,3 millions d’euros. La Région maintient les investissements déjà engagés mais stoppe les nouveaux projets. Les aides sont recentrées sur le fonctionnement et quelques secteurs prioritaires (industrie, BTP, agroalimentaire, hôtellerie-restauration, santé-social…).
Dans son avis, le CESER alerte sur une situation préoccupante : la baisse des moyens intervient alors que l’apprentissage s’est fortement développé depuis 2018. Il pointe un manque de visibilité et de stabilité, rappelant qu’une politique de formation s’inscrit dans le temps long. L’instance évoque aussi un désengagement global de l’État et de ses opérateurs, dans un contexte de baisse des aides aux employeurs et aux CFA. La question posée est celle de la capacité de la Région à maintenir un soutien durable.
Les échanges font apparaître des positions différentes. Pour Didier Michel, portant la parole du MEDEF BFC, l’apprentissage reste un levier essentiel pour les compétences des entreprises et nécessite stabilité et lisibilité. D’autres interventions soulignent ses fragilités : ruptures de contrats en hausse, difficultés d’orientation, parcours parfois fragilisés.
Un point de convergence ressort toutefois : mieux adapter les formations aux besoins des entreprises, pour sécuriser les parcours et renforcer la compétitivité du territoire.
Les entreprises au cœur des dynamiques régionales
Le CESER souligne le rôle central des entreprises dans la réindustrialisation et les mutations économiques. Il soutient plusieurs orientations, comme Territoires d’industrie ou les feuilles de route sur la défense, l’hydrogène et les biothérapies.
L’instance appelle cependant à mieux évaluer ces politiques et à cibler davantage les PME, maillon essentiel du tissu productif. Elle insiste aussi sur le renforcement des liens entre recherche, innovation et économie, notamment via le soutien aux start-ups et les partenariats public-privé (financement, mentorat, intégration dans l’écosystème).
Enfin, le CESER insiste sur la nécessité de donner de la visibilité aux entreprises et de mieux articuler politiques économiques et besoins en compétences, pour leur permettre d’anticiper les mutations et d’adapter leurs stratégies de développement.

Revenant sur la récente mesure rendant les CESER facultatifs, Élise Moreau a évoqué un recours déposé devant le Conseil constitutionnel, laissant encore ouverte l’issue du processus. Elle a salué la mobilisation collective des CESER ainsi que le soutien public de la majorité régionale, perçu comme une reconnaissance de leur utilité.
Texte : Pauline Bresson
Photo : CESER BFC