C’est la baisse du chiffre d’affaires dans l’industrie régionale en 2025. Après une année déjà annoncée comme difficile, la région enregistre l’un des reculs les plus marqués au niveau national, selon le bilan présenté ce vendredi 6 février par la Banque de France BFC.
En 2025, la Bourgogne-Franche-Comté affiche, avec la Nouvelle-Aquitaine, la plus forte baisse de chiffre d’affaires des entreprises. Le recul concerne l’ensemble des secteurs régionaux, dans un contexte pourtant contrasté, puisque la croissance nationale du PIB a surpris à la hausse la semaine passée, atteignant 0,9 %, contre 0,3 % initialement attendus. On fait le point.
Si la région BFC accuse une baisse aussi globale du chiffre d’affaires des entreprises tous secteurs confondus, c’est notamment en raison de la place centrale qu’occupe l’industrie au sein de l’économie régionale et de son déclin depuis plusieurs années déjà. La filière automobile pèse lourd dans ce bilan : -3,2 % de chiffre d’affaires en 2025, avec en cause une forte baisse concernant les produits métalliques (-5,4 %). Seul l’agroalimentaire parvient à tirer son épingle du jeu, avec une hausse de 0,9 %. La construction et les services marchands reculent également, respectivement de 1,1 % et 0,4 %, laissant la région sans véritable secteur d’amortissement.
Une forte disparité géographique : « deux France industrielles »
Région historiquement industrielle, la Bourgogne-Franche-Comté subit de plein fouet la crise des métaux, comme d’autres territoires (– 1,4 % dans le Grand Est, – 0,9 % en Nouvelle-Aquitaine), sans bénéficier en retour du dynamisme de filières comme l’aéronautique ou le naval, secteurs moteurs ailleurs en France. Cette fragilité se retrouve dans le baromètre Trendeo publié le 5 février : la France a perdu 63 sites industriels en 2025, avec des impacts particulièrement marqués sur les PME, l’automobile (22 fermetures) et la métallurgie (30 fermetures), deux secteurs structurants pour l’économie régionale. L’écart se creuse ainsi entre les territoires confrontés au déclin de leurs secteurs historiques et ceux portés par l’énergie, le traitement des déchets ou l’aéronautique.
À cela s’ajoute un climat d’incertitude fiscale et budgétaire qui a marqué l’année 2025, souligne Laurent Fraisse, directeur régional de la Banque de France.
Le bilan ne se veut donc pas uniquement pessimiste : la Bourgogne-Franche-Comté paie avant tout le prix d’une conjoncture nationale et internationale défavorable. La Banque de France prévoit une hausse de 3,1 % de chiffre d’affaires pour l’industrie régionale en 2026, laissant entrevoir une possible amélioration pour l’année à venir.
Texte : Zoé Benoit
Source : Banque de France, enquête 2025 ; Insee, 2025 ; Trendeo, 2025.