Un an après la reprise de McPhy par le groupe belge John Cockerill Hydrogen, l’usine de Foussemagne (90) franchit une étape symbolique. Vendredi 10 juillet, elle a présenté son premier stack fabriqué en France. Une innovation qui tombe à point nommé, dans un marché de l’hydrogène en pleine accélération.
De la liquidation au redémarrage
L’été dernier, l’avenir du site semblait pourtant compromis. Placée en liquidation judiciaire, McPhy laissait derrière elle une usine flambant neuve et une trentaine de salariés dans l’incertitude. En reprenant le site, une partie des équipes et les brevets, John Cockerill entendait développer une nouvelle génération d’électrolyseurs.
Un an plus tard, la promesse commence à prendre forme avec ce premier prototype assemblé près de Belfort. 2 mètres de diamètres, 7 mètres de long et près de 30 tonnes, c’est un beau cylindre de métal que John Cockerill a mis au point. Pièce maîtresse de l’électrolyseur, le stack est un élément essentiel pour produire de l’hydrogène à partir d’eau, grâce à l’électricité.
L’hydrogène décarboné, un marché qui accélère
En produisant de l’hydrogène par électrolyse, l’équipement permet de remplacer l’hydrogène fossile employé dans de nombreuses industries. Raffineries, mobilité, sidérurgie, sont des secteurs qu’il est difficile d’électrifier directement, et c’est là qu’intervient l’électrolyseur.
À Foussemagne, le nouvel équipement se distingue par deux innovations : des cellules en polymère, plus résistantes à la corrosion que les modèles métalliques, et un procédé d’assemblage automatisé à l’horizontale, inédit dans le secteur. Selon l’entreprise, ces avancées doivent permettre de réduire les coûts de production de 10 à 15 %.
Le prototype sera désormais testé en Allemagne avant une commercialisation attendue d’ici la fin de l’année. À terme, le site de Foussemagne vise une capacité de 200 stacks par an. Un objectif ambitieux, alors que la demande mondiale accélère, notamment en Chine, et que John Cockerill affirme déjà disposer d’un carnet de commandes de 800 MW.
Texte : Pauline Bresson
Photo : John Cockerill