Agriculture, santé, sécurité, la Région a acté plusieurs mesures pour l’économie locale ces derniers jours. Si la feuille de route sur la défense retient l’attention, d’autres sujets ont été abordés.
Revalorisation de la Dotation jeunes agriculteurs (DJA)
Le nombre d’installations agricoles recule en Bourgogne-Franche-Comté. Pour y remédier, mardi 30 juin, Jérôme Durain a annoncé relever la DJA de 45 000 € à 65 000 €, ce qui en fait désormais la DJA la plus élevée de France.
De quoi attirer les nouvelles générations, pour qui cette dotation n’est pas négligeable. Car si le démarrage d’une exploitation nécessite de gros investissements, les revenus mettent du temps à arriver. Le président des Jeunes Agriculteurs de Bourgogne-Franche-Comté, Thomas Lemée, rappelle par ailleurs que le coût de l’installation ne cesse d’augmenter. Un poids qui fragilise de nombreux exploitants : 39 % des agriculteurs touchent un revenu inférieur au SMIC en Bourgogne-Franche-Comté.
« Notre objectif n’est pas seulement d’installer davantage de jeunes agriculteurs, c’est surtout de bien les installer. Cela signifie leur donner les moyens de construire des exploitations solides, viables et pérennes, capables de traverser les aléas économiques et climatiques », souligne le président de la Région.
Une mutuelle régionale universelle
L’objectif affiché est ambitieux : des cotisations 20 à 25 % moins élevées que les offres du marché, sans questionnaire médical, sans limite d’âge et avec un tarif identique dans les huit départements. Réunis les 25 et 26 juin en assemblée plénière à Dijon, les élus régionaux entendent miser sur le poids des quelque 2,8 millions d’habitants de Bourgogne-Franche-Comté pour obtenir des tarifs avantageux.
Si la santé ne relève pas directement des compétences régionales, le conseil justifie cette initiative par plusieurs constats : le vieillissement de la population, les difficultés d’accès aux soins et le renoncement croissant à certaines dépenses de santé pour des raisons financières.
Un appel à manifestation d’intérêt devrait être officiellement lancé en juillet afin de sélectionner un ou plusieurs organismes capables de proposer une complémentaire santé à tarifs négociés. La collectivité ne financera toutefois pas le dispositif : elle se contentera de sélectionner les opérateurs, négocier le cahier des charges et contrôler le respect des engagements pris. Si le calendrier est respecté, les premières adhésions pourront débuter dès janvier 2027.
Sécurité dans les trains : une convention avec la Gendarmerie et la SNCF
100 patrouilles de réservistes de la Gendarmerie s’ajoutent aux équipes de la Sûreté ferroviaire (SUGE) pour renforcer la sécurité des voyageurs dans les trains Mobigo. C’est le résultat d’une convention entre la Région, la Gendarmerie nationale et SNCF Voyageurs, signée jeudi 25 juin. Une coopération expérimentale pour l’heure, dont le bilan sera dressé dans un an pour décider de l’avenir du dispositif.
Dès le 1er juillet, des patrouilles militaires pourront donc appuyer les équipes de contrôle de SNCF Voyageurs. Leurs missions seront principalement le contrôle d’identité et de bagages, la recherche des infractions à la loi pénale, et bien sûr l’intervention lors d’incidents. SNCF Voyageurs assurera une formation aux réservistes sur le fonctionnement du réseau ferroviaire et les modalités d’interventions.
Jérôme Durain y voit une condition sine qua none de l’évolution des mobilités : pour privilégier le train, les voyageurs doivent s’y sentir en sécurité.
Avec ces mesures, la Région dessine de nouvelles priorités pour les années à venir, prenant acte des évolutions de l’économie tant nationale que territoriale.
Texte : Pauline Bresson
Photo : Xavier Ducordeaux, Région Bourgogne-Franche-Comté