La pharmacie n’est pas seulement une affaire de grands groupes. En Côte-d’Or, deux entreprises accélèrent, chacune sur son terrain. À Semur-en-Auxois, De Dietrich renforce son outil industriel pour accompagner une commande américaine. À Daix, Inventiva finance la dernière ligne droite du développement d’un nouveau traitement.
De Dietrich pousse les murs
Le marché des médicaments contre l’obésité n’en finit pas de grossir. Il pourrait passer d’environ 30 à 130 milliards de dollars dans les dix prochaines années. De Dietrich entend en profiter : l’un de ses clients américains du secteur vient de lui passer une commande sur plusieurs années.
À Semur-en-Auxois, l’entreprise vient donc d’agrandir son site de 500 m², pour 1,5 million d’euros. La nouvelle extension accueillera le montage final des équipements avant l’expédition aux clients américains. Et la croissance se traduit aussi en emplois : cinq recrutements sont associés à l’opération. En dix ans, le site est passé de 40 à 95 salariés.
Pas question pour autant de miser sur un seul débouché. De Dietrich travaille aussi pour l’agroalimentaire, la chimie verte et la défense. À Dijon, son bureau d’études planche notamment sur le recyclage du PET (plastique d’emballage), tandis que le techlab de Semur permet de tester les solutions avant leur passage à l’échelle industrielle.
Inventiva mise gros
À Daix, le changement d’échelle passe par les investisseurs. Inventiva a levé 120 millions de dollars, soit environ 103 millions d’euros, sur le Nasdaq, la Bourse américaine spécialisée dans les entreprises technologiques et de croissance.
Cet argent doit financer le développement du lanifibranor, son traitement oral contre la MASH, une maladie chronique du foie liée notamment à l’accumulation de graisse et à une inflammation de l’organe.
Le calendrier est serré : les résultats de l’essai clinique international de phase 3 sont attendus au quatrième trimestre 2026. S’ils sont positifs, Inventiva prévoit de préparer une demande d’autorisation aux États-Unis au premier semestre 2027. La biotech dispose aussi d’un financement complémentaire de 75 millions d’euros, qui pourrait atteindre les 150 millions d’euros sous certaines conditions.
D’un côté, une usine qui s’agrandit pour répondre à la demande. De l’autre, une biotech qui lève des dizaines de millions pour franchir un cap clinique. Deux investissements qui montrent surtout que, derrière le secteur pharmaceutique, ce sont aussi des emplois, des outils industriels et des technologies qui se développent en Côte-d’Or.
Texte : Pauline Bresson
Photo : DR