Les entreprises ont publié leur index de l’égalité professionnelle début mars, et la Bourgogne-Franche-Comté y fait bonne figure.
Mesurer les inégalités professionnelles
L’index Egapro a vu le jour en 2018, avec la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Les entreprises de 50 salariés ou plus doivent le publier chaque année en mars. Calculé sur 100 points, il combine écart de rémunération, augmentations individuelles, promotions, retour de congé maternité ainsi que la part des femmes parmi les plus hautes rémunérations. Pour tout score en-dessous de 75 points, l’entreprise dispose de 3 ans pour corriger la situation, et risque une pénalité pouvant atteindre 1 % de leur masse salariale.
Au 1er mars 2026, 87,4 % des 1 560 entreprises de Bourgogne-Franche-Comté ont publié leur index : c’est presque 4 points de plus que la moyenne nationale, établie à 83,5 %.
Mais les entreprises régionales ne brillent pas que par leur participation : elles sont aussi en tête en termes de score. La moyenne de la note régionale s’établit à 89/100, contre 88,5/100 pour la moyenne nationale. 23 entreprises décrochent même un score de 100/100, parmi lesquelles Renouer (89), La ressourcerie du 90 (90), la Compagnie Française du Parquet (58), Transdev BFC Sud (71), Orgedis (39), le Casino de Luxeuil (70) ou encore Serena (21).
La note ne fait pas tout
Il convient de nuancer les résultats de la région en rappelant que 410 entreprises se situent encore en dessous du score réglementaire de 75 points, soit plus du quart des entreprises dans la région.
Plus encore, c’est l’index-même qu’il faut interroger. Ne prenant en compte que quelques paramètres, il laisse de côté les questions de la formation, des conditions de travail ou encore de l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle.
La Cour des Comptes s’est récemment penchée sur ce qu’elle qualifie d’“index de façade” et pointe du doigt les limites du dispositif. Ne portant que sur les entreprises de plus de 50 salariés, l’index exclut de son champ près de la moitié des salariés du secteur privé. Il tend également à invisibiliser les inégalités réelles entre femmes et hommes : le calcul du pourcentage d’écart salarial global contient un seuil de pertinence de 5 %, en deçà duquel l’écart n’est pas pris en compte. Lorsque l’on rappelle que l’écart salarial résiduel moyen entre hommes et femmes est estimé à 4,3 %, on s’aperçoit que l’application d’un seuil de 5 % revient à gommer les inégalités salariales.
Si l’index Egapro permet de visibiliser des inégalités, il n’est pas, à lui seul, la solution au problème des inégalités au travail. C’est un problème qui s’est déjà posé avec la question des quotas : une donnée chiffrée ne peut suffire à garantir des pratiques vertueuses en matière d’égalité professionnelle.
En somme, pas de félicitations mais des encouragements à poursuivre les efforts, tant au niveau des entreprises que des institutions.
Texte : Zoé Benoit
Photo : DR
Sources : Insee, Focus n° 292, dans le secteur privé, l’écart de salaire entre femmes et hommes est d’environ 4 % à temps de travail et à postes comparables en 2021, mars 2023.
Cour des Comptes, Les inégalités entre les femmes et les hommes, de l’école au marché du travail, Rapport public thématique, Janvier 2025.