Créer une entreprise ne commence pas par une levée de fonds. Bien souvent, tout se joue avant : financer un prototype, protéger une idée, rencontrer le bon partenaire ou simplement trouver quelqu’un qui croit au projet comme au porteur de projet. C’est à ce moment charnière qu’entendent intervenir les Tremplins de l’Audace, lancés pour la première fois cette année par Jean-Philippe Girard.
Un coup de pouce qui peut tout changer
Après trente ans passés à développer son entreprise en France et à l’international, l’ancien dirigeant s’attache désormais à accompagner et à faire grandir les projets des autres. Jean-Philippe Girard veut mettre au service des autres ce que ses expériences (bonnes comme mauvaises) lui ont enseigné : un financement et un réseau national certes, mais surtout un regard et la conviction qu’un premier coup de pouce peut tout changer.
Car pour développer un projet, l’argent n’est qu’une partie de l’équation. Ce qui manque au démarrage, c’est souvent un carnet d’adresses, des conseils, des experts, du temps et des clients. En bref, un véritable accompagnement, étape par étape.
C’est toute la logique des Tremplins de l’Audace : remplacer le fantasme de la grande levée de fonds par une succession de petits tremplins. L’idée est moins de distribuer des chèques que d’éviter qu’un projet prometteur reste bloqué faute du bon contact ou du bon conseil.
Le dispositif ne se limite pas à la création d’entreprise, mais concerne aussi les projets de reprise d’entreprises et de nombreux domaines. Il élargira à l’écologie, à la solidarité, à la culture, à l’art, au sport ou encore aux actions humanitaires. Le fil rouge : des projets qui ont une portée économique, écologique, sociale, sociétale ou encore territoriale.
Faire grandir les projets : une progression par paliers
Le dispositif est conçu par étapes. Un premier prêt d’honneur de 1 000 € permet de financer un prototype, protéger une marque ou réaliser les premières démarches. Les projets les plus prometteurs peuvent ensuite accéder à un second palier de 10 000 €, avant d’être présentés à des business angels sur des montants pouvant aller jusqu’à 100 000 €, puis à des fonds d’investissement jusqu’à 1 million d’euros.
Entre chaque étape, le financement s’accompagne d’un regard extérieur : pitch devant un jury, échanges avec des entrepreneurs, mentorat ou mobilisation d’un réseau d’experts selon les besoins. De quoi tester une idée, affiner un modèle économique et corriger les angles morts avant de convaincre les investisseurs. Prendre le temps de la maturation, c’est crédibiliser le projet.
Autre particularité : la sélection reste volontairement légère. Une vidéo d’une minute trente, un formulaire et une question simple : que feriez-vous de vos premiers 1 000 € ? Une manière de juger moins un dossier qu’une capacité à passer à l’action. Le tout, sur une application smartphone.
Les Tremplins de l’Audace déplacent finalement la question du financement : avant de chercher des investisseurs, encore faut-il détecter les bons projets. Les capitaux arrivent souvent après ; le premier « oui », lui, change déjà beaucoup de choses. Le lancement est annoncé en Bourgogne-Franche-Comté le 1er octobre, à Besançon, et le 14 octobre au niveau national, à Bordeaux, lors d’un événement qui rassemblera près de 1 200 chefs d’entreprises.
Texte : Adeline Contrecourt
Photo : DR