Après trois vagues de chaleur successives depuis le début de l’année, la canicule ne constitue plus seulement un enjeu climatique ou sanitaire. Elle devient un facteur économique à part entière. Alors que le gouvernement a déjà abaissé sa prévision de croissance pour 2026 de 0,9 % à 0,7 %, les épisodes de chaleur extrême pourraient encore peser sur l’activité dans les prochains mois.
Pour Clément Bortoli, chef de la division synthèse conjoncturelle de l’Insee, « la canicule fait clairement peser un risque baissier sur notre scénario de croissance pour cette année », explique-t-il à nos confrères des Échos.
Les conséquences sont multiples. Les fortes températures ralentissent les chantiers, réduisent la productivité dans les secteurs exposés, perturbent les transports, augmentent les coûts énergétiques et fragilisent les récoltes agricoles. Autant de facteurs qui se répercutent progressivement sur l’ensemble de l’économie. L’Insee rappelle d’ailleurs que la canicule de 2003 avait amputé la croissance française de 0,3 point de PIB, un ordre de grandeur qui reste aujourd’hui une référence pour mesurer l’impact potentiel de tels épisodes.
Cette inquiétude rejoint les analyses de plusieurs institutions économiques. La Banque de France souligne que les risques pesant sur l’activité restent orientés à la baisse dans un contexte déjà marqué par les tensions internationales, le ralentissement de la demande et la hausse des coûts de l’énergie. Les aléas climatiques viennent désormais s’ajouter à cette équation, en particulier pour l’agriculture, les transports, le BTP et l’industrie.
Au-delà de l’urgence estivale, les économistes constatent surtout une tendance de fond : les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus longues. Pour les entreprises, l’enjeu dépasse désormais la simple gestion de quelques journées de forte chaleur. Il s’agit d’adapter durablement les organisations, les horaires de travail, les bâtiments et les infrastructures à un climat qui s’impose progressivement comme une variable économique à part entière.
Texte : Laszlo Crillon
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