Il défraye la chronique depuis plusieurs semaines, l’accord de libre échange entre l’Union européenne et le Mercosur devrait finalement être signé le 17 janvier prochain. À quels changements la Bourgogne-Franche-Comté doit-elle se préparer ?
Un accord favorable à l’économie locale ?
Les viticulteurs bourguignons pourraient profiter d’un accès facilité au marché sud-américain grâce à la suppression des droits de douane, mais aussi d’une meilleure protection de leurs appellations et IGP. Mais l’absence de “clauses miroirs” crée un déséquilibre : les producteurs français doivent respecter les normes européennes strictes, tandis que les importations du Mercosur échappent à certaines normes de production, dans la mesure où les pays décident de leurs normes de production. Ce déséquilibre pourrait peser sur les prix et la compétitivité locale, et tourner au désavantage des agriculteurs locaux.
Les éleveurs continuent à se mobiliser
Les éleveurs bovins sont particulièrement concernés, déjà fragilisés par la crise sanitaire liée à la dermatose nodulaire contagieuse. La perspective d’un afflux massif de viande du Mercosur accentue leurs inquiétudes. Dans l’Yonne, des agriculteurs ont récemment déposé du fumier devant les locaux de la Direction Départementale des Territoires. Les Jeunes Agriculteurs et la FRSEA appellent à un nouveau rassemblement ce jeudi 15 janvier à Dijon.
Cette mobilisation pourrait pousser les services de l’État à réagir, comme en témoigne une initiative côte-d’orienne.
Soutien aux agriculteurs : 15,5 millions d’euros pour l’agriculture côte-d’orienne
Ce lundi, le Conseil départemental et la Chambre d’agriculture ont signé le Manifeste pour une eau au service de la souveraineté agricole et alimentaire, et l’Accord-Cadre 2026-2030 pour une agriculture durable 100% Côte-d’Or. Le plan de l’Accord-Cadre repose sur trois axes : valoriser les produits locaux (via Agrilocal 21 et labels départementaux), accompagner le renouvellement des générations et moderniser les exploitations, et développer l’innovation et la diversification des revenus pour renforcer la résilience du secteur.
Avec ces mesures, la Côte-d’Or réaffirme son engagement auprès des agriculteurs locaux et mise sur une agriculture compétitive, durable et innovante, capable de tirer parti des nouvelles opportunités.
Texte : Zoé Benoit
Photo : DR
