C’est le nombre d’emplois industriels perdus en Bourgogne-Franche-Comté entre 2013 et 2022. Ce sont 8 % de ses effectifs industriels qui ont disparu en moins d’une décennie. Rien de réjouissant là-dedans, mais un point de repère concret pour comprendre comment se porte l’industrie régionale aujourd’hui.
L’industrie, secteur phare de la région, n’a pas le vent en poupe
Ce recul ne date pas d’hier. Si l’industrie a commencé à perdre des effectifs dès les années 1990. La crise de 2008 a accentué le mouvement, puis les mutations structurelles du secteur telles que l’automatisation, la concurrence internationale et la recomposition des filières ont continué de peser. Autant de facteurs qui expliquent ce recul, qui touche à la fois les ouvriers et les métiers qualifiés, dans une large majorité d’activités industrielles.
Ce recul s’explique aussi par la spécialisation industrielle : la région BFC est positionnée sur des segments industriels qui, nationalement, ont beaucoup souffert (métallurgie, automobile) tandis que d’autres filières plus susceptibles de créer de l’emploi (agroalimentaire, chimie, pharmacie) sont moins présentes en BFC. Mais ce n’est pas la seule explication. La dépendance aux donneurs d’ordre étrangers, la faible densité de fonctions de recherche ou la distance par rapport aux grands pôles métropolitains pèsent également dans la balance.
Un bilan qu’il ne faut pas assombrir
Perdre 8 % de ses effectifs ne signifie pas pour autant que l’industrie régionale se soit effondrée. Il faut lire ce chiffre avec son verso : malgré cette baisse, l’industrie représente encore 168 000 emplois (17 % de l’emploi régional) et 13 milliards d’euros de valeur ajoutée (18 % du total) en Bourgogne-Franche-Comté. Entre 2000 et 2022, la valeur ajoutée par emploi industriel est passée de 52 000 à 83 000 euros. L’industrie régionale emploie certes moins qu’avant, mais produit davantage de valeur par poste.
Les dynamiques locales nuancent aussi le tableau. Dans la frange ouest de la région et sur l’axe Chalon-Vesoul des ressources spécifiques limitent les pertes industrielles. Deux zones d’emploi sont encore en croissance entre 2013 et 2022 : celles de Beaune et de Besançon. Bien qu’elles soient toutes deux entourées de territoires en perte d’emploi, elles ont des atouts structurels (une faible dépendance à l’étranger notamment), mais disposent surtout de ressources spécifiques. Beaune bénéficie ainsi de la dynamique autour de la filière viticole, et d’une position géographique stratégique : c’est un carrefour logistique avec plusieurs autoroutes. La zone de Besançon, quant à elle, se caractérise par des savoir-faire et des formations très spécifiques autour de la microtechnique.
Texte : Zoé Benoit
Source : Insee Analyses n° 134, février 2026.