Les deux laboratoires français lancent une unité de production de colchicine à Auxerre. Montant total de l’investissement : 3 millions d’euros. Si le coût de production est loin de diminuer avec cette relocalisation, les deux partenaires parient sur la souveraineté pour un traitement indispensable.
La colchicine, un irremplaçable
Si de prime abord le nom de colchicine ne nous est pas familier, il s’agit pourtant d’un médicament indispensable au traitement de la goutte, qui touche près de 600 000 personnes en France. Il est également utilisé contre la fièvre méditerranéenne familiale et la maladie de Behçet.
Jusqu’ici produite en Roumanie pour le compte de Mayoly, la colchicine ne disposait d’aucun site de fabrication en France. La fermeture de l’usine sous-traitante a conduit le laboratoire à rechercher une nouvelle solution industrielle. Son choix s’est porté sur Galien, à Auxerre.
Un choix stratégique
Sur le plan économique, l’opération n’a pourtant rien d’évident : au-delà de l’investissement requis pour lancer la ligne de production, la fabrication coûtera désormais deux fois plus cher.
L’objectif est avant tout de sécuriser l’approvisionnement d’un médicament considéré comme essentiel, dans un contexte où les tensions sur certains traitements se sont multipliées depuis la crise sanitaire.
À Auxerre, la ligne devrait permettre de produire jusqu’à trois millions de boîtes par an, destinées au marché français mais aussi à l’export. Les premiers lots commerciaux sont toutefois attendus à partir de mi-2027, le temps d’obtenir les autorisations réglementaires.
Inaugurée lundi 22 juin, l’unité de production fait déjà figure de symbole de réindustrialisation, comme l’a souligné Jérôme Durain, président de la Région. La dynamique bénéficie au circuit local : de nouveaux postes ont été créés et renforcent l’activité du site d’Auxerre.
Texte : Zoé Benoit
Photo : Région Bourgogne-Franche-Comté