GRDF met les bouchées doubles en Bourgogne-Franche-Comté. Longtemps dépendant d’importations d’énergies fossiles, le réseau de gaz se verdit progressivement grâce à la montée en puissance de la méthanisation. Le gaz renouvelable représente déjà 6,8 % de la consommation régionale et pourrait atteindre 25 % d’ici 2030.
La Bourgogne-Franche-Comté, terre de méthane
La méthanisation consiste à transformer des déchets organiques en biogaz grâce à un processus de fermentation. Une fois épuré, ce biométhane est injecté directement dans le réseau de gaz existant et peut alimenter les mêmes usages que le gaz classique : chauffage, cuisson ou mobilité. Le résidu du processus, appelé digestat, est réutilisé comme fertilisant naturel dans les champs, réduisant le recours aux engrais chimiques.
En Bourgogne-Franche-Comté, la dynamique s’accélère nettement. En trois ans, le nombre d’unités de méthanisation est passé de 12 à 28 sites. D’ici la fin de l’année, la production régionale devrait atteindre un milliard de kWh de gaz vert, soit l’équivalent de la consommation d’environ 130 000 logements récents.
La transition énergétique ne se fera pas sans le gaz
Pour Emmanuel Connesson, directeur régional adjoint GRDF Grand Est, cette évolution marque un changement de modèle : le réseau ne distribue plus seulement du gaz importé mais accueille désormais une production locale, directement issue des territoires. Une réponse à la fois climatique et stratégique dans un contexte de tensions sur les marchés de l’énergie.
« Le gaz vert joue un rôle complémentaire essentiel à l’électrification, notamment sur les usages difficiles à électrifier ou pour garantir l’équilibre du système énergétique. »
Éric Passetti, directeur territorial régional GRDF Bourgogne-Franche-Comté
La filière représente aussi un levier économique. Près de 400 millions d’euros ont été investis en dix ans dans la région, avec une grande partie de la valeur créée qui reste dans les territoires. Pour les agriculteurs, la méthanisation offre une nouvelle source de revenus tout en valorisant leurs déchets organiques.
La dynamique pourrait encore s’amplifier. La région compte aujourd’hui 28 unités de méthanisation et pourrait dépasser les 60 sites à l’horizon 2030. Un changement d’échelle qui confirme la place croissante du gaz vert dans la transition énergétique régionale.
Texte : Zoé Benoit
Photo : Metha BFC