Photo : Thomas Braun.
Sur le papier, c’est une équipe cycliste du Tour de France féminin. Dans les faits, ce sont surtout des entrepreneurs qui ont choisi le vélo comme terrain de rencontre et d’engagement. Ils sont plus de 500 à soutenir l’équipe pour cette première saison, et ils étaient aussi présents en nombre mardi soir, pour se retrouver après l’arrivée d’étape à Dijon.
Un modèle collaboratif pour créer du lien
Le nom ne renvoie à aucune grande marque, et c’est précisément l’idée. Ma Petite Entreprise (MPE) repose sur un financement réparti entre des centaines de PME françaises. Une idée folle d’Emeric Ducruet, rejoint par Michaël Amand : inverser le modèle du sponsoring et constituer une équipe cycliste soutenue par une myriade de petites entreprises.
Pour cette première saison, le budget de 1,5 million d’euros se répartit en trois tiers : les apports en marchandises, les participations des entreprises (de 750 à 15 000 euros par an) et les grands sponsors (25 000 à 100 000 euros). Mais aussi un principe fondamental : aucune entreprise ne peut représenter plus de 20% du budget. Une garantie d’indépendance et de pérennité ; si un sponsor quitte le navire, l’équipe n’est pas en péril.
Autour des coureuses gravitent des encadrants et des alternants à rémunérer, mais aussi surtout de nombreux bénévoles et partenaires. « On compense le manque de moyens et de finances par cet engagement », résume Vincent Lavenu, parrain et manager de l’équipe MPE. Un retour à l’esprit des débuts qui tranche avec les grosses équipes à dimension mondiale pour l’ancien directeur sportif de l’équipe cycliste Decathlon-AG2R La Mondiale.
Un réseau qui se construit en faisant ensemble
Car pour porter l’équipe, tout le monde met la main à la pâte. C’est ce qui fait la singularité de Ma Petite Entreprise : les partenaires se retrouvent sur les courses comme lors des rencontres organisées tout au long de l’année. En témoigne Laurent Philibert, président associé de Kiosque&Box, qui a participé au ravitaillement de l’équipe ces derniers jours.
Cette logique collaborative se retrouve aussi dans l’équipe qui pilote le projet. Informatique, communication, création, développement, logistique… les compétences se complètent et les points de vue s’additionnent.

“Les gens participent au projet, ils ne font pas que le financer”
Michaël Amand, directeur général de Ma Petite Entreprise
Un fonctionnement qui donne tout son sens au symbole de l’équipe, l’abeille : tout le monde s’active, comme dans une ruche. S’il existe une application dédiée aux partenaires avec un annuaire, ce n’est donc pas ce qui fait la singularité du réseau. Le véritable vecteur de liens, c’est l’implication de chacun.
Le sport comme trait d’union
Le fonctionnement participatif et la passion du cyclisme créent du lien “entre les entreprises et aussi dans les entreprises” résume Marie-Louise Scotet, développeuse. La passion facilite les échanges et resserre les liens entre collègues.
La preuve en est, à l’arrivée d’étape à Dijon, mardi soir.
Des partenaires venus de Bourgogne-Franche-Comté, mais aussi de Seine-et-Marne, de l’Aisne ou de Rhône-Alpes étaient réunis autour de l’équipe dans les locaux du Medef Côte-d’Or.
Cette proximité profite aussi aux coureuses. Océane Mahé, maillot rouge lors des deux premières étapes du Tour de France féminin, effectue son stage chez un des partenaires : Ultima Mobility. Un moyen d’adapter sa convention de stage pour concilier ses études et les exigences de la compétition.

Car entrepreneurs et athlètes partagent le même état d’esprit : prendre des risques, persévérer, se dépasser parfois et savoir rebondir.
Depuis le départ du Tour de France Femmes, plus de 100 particuliers et entreprises ont rejoint l’aventure, portant à plus de 600 le nombre de partenaires. Une belle croissance pour l’équipe qui réalise sa première saison, et surtout de belles rencontres entre des entrepreneurs d’horizons différents.
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Texte : Zoé Benoit
Photos : Thomas Braun ; DR