Participation, revirements et stabilité : que peut-on retenir des élections municipales en Bourgogne-Franche-Comté ?
Quelques chiffres
L’essentiel des communes de la Bourgogne-Franche-Comté avaient en réalité déjà tranché : 98 % des communes ont élu leur maire dès le premier tour. Une particularité régionale liée à son tissu très rural, où 86 % des maires dirigent des communes de moins de 1 000 habitants : une gouvernance de proximité, directement connectée aux réalités du terrain. Mais l’organisation électorale de la région est aussi fragmentée, avec 3 671 maires, soit le taux le plus élevé de France rapporté à la population.
La participation reste par ailleurs un sujet de fond. Avec un taux de 46,84 % au premier tour (contre 40,86 % en 2020) et de 51,70 % au second tour (contre 39,43 % en 2020), la mobilisation progresse sans retrouver les niveaux d’avant crise sanitaire. Des chiffres à rapporter au nombre total d’inscrits sur les listes électorales en BFC : plus de 2 millions d’électeurs.
Entre stabilité et retournements
La reconduction de plusieurs maires assure une continuité à des villes clefs de la région. À Dijon, Nathalie Koenders (PS) est reconduite, et à Mâcon, Jean-Patrick Courtois (LR) reste en place. Du côté de Nevers, le maire sortant Denis Thuriot (ex-LREM) conserve son siège, de même que Marie-Noëlle Biguinet (LR) à Montbéliard, Alain Chrétien (LR) à Vesoul et Jean-Baptiste Gagnoux (LR) à Dole. Même stabilité à Chalon-sur-Saône, où Gilles Platret s’était imposé dès le premier tour.
Dans les grandes villes, la « prime au sortant » a donc joué, mais sans empêcher quelques renversements marquants. À Besançon, bascule notable : avec l’élection de Ludovic Fagaut (LR) la ville passe à droite, après des décennies de gestion à gauche. À Auxerre, le maire sortant est également battu par Mathieu Debain (divers centre). Au Creusot, Charles Landre (divers droite) met fin à une longue gestion socialiste. Cyrille Brero (divers droite) rétablit la droite à Lons-le-Saunier, après une parenthèse à gauche. À l’inverse, c’est une bascule à gauche qui s’opère avec l’élection d’Isabelle Louis (PS et alliés) face à la maire sortante LR. Et si la mairie de Beaune n’a pas profondément changé d’étiquette, il n’en reste pas moins qu’elle a été le théâtre d’un grand bouleversement opéré au profit de Pierre Bolze, contre le maire historique de la ville Alain Suguenot.
Un moment stratégique pour les entreprises
Au-delà des couleurs politiques, les profils évoluent et les trajectoires des élus s’entrecroisent avec le monde économique. À Besançon, une motion soutenant Ludovic Fagaut, nouveau maire, a été signée par plus de 100 chefs d’entreprise, rappelant que les décisions locales restent structurantes pour l’économie, l’attractivité et les conditions d’activité des entreprises. À Pontarlier, c’est un chef d’entreprise, Patrick Comte (centre) qui a été élu.
Si les conseils municipaux ont encore à se réunir pour confirmer l’élection des maires, des équilibres locaux se dessinent, appelés à peser durablement sur les orientations économiques des territoires pour les 7 années à venir.
Texte : Pauline Bresson
Photo : DR