Un kilomètre de câbles produit chaque minute, 100 tonnes de cuivre transformées chaque jour et un million de kilomètres de câbles fabriqués chaque année : à Autun, Nexans joue dans la catégorie des poids lourds industriels. Un savoir-faire que le groupe entend encore renforcer avec un programme d’investissement de 40 millions d’euros, dont une première tranche de 20 millions vient d’être inaugurée en présence du ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin, le 12 juin dernier.
L’innovation comme marque de fabrique
Créée en 1979 en Saône-et-Loire, l’usine d’Autun est idéalement située, au centre de l’Europe, pour alimenter un maximum de clients en câbles. Le site s’est déjà illustré avec plusieurs innovations, développant notamment le touret Mobiway pour faciliter le déroulement des câbles.
Au cœur de l’investissement de 40 millions d’euros de Nexans se cache cette fois une ligne de production dédiée aux câbles nouvelle génération Nexans Protect. Leur particularité ? Limiter les risques de propagation des incendies dans les bâtiments, qu’il s’agisse de logements, d’entreprises ou d’établissements recevant du public.
Fruit de plusieurs années de recherche et de développement, le site d’Autun s’impose ainsi comme la plus grande centrale de mélange d’Europe, mais surtout comme l’épicentre de la sécurité électrique.
Au-delà de la sécurité, une question d’avenir
Car ces kilomètres de câbles ne servent pas seulement à alimenter les prises électriques. À mesure que la France accélère son électrification, les besoins en câbles explosent : raccordement des énergies renouvelables, bornes de recharge, bâtiments électriques ou encore centres de données. En d’autres termes, pas d’électrification sans câbles.
Un constat qui fait écho aux préoccupations de souveraineté industrielle. « L’indépendance énergétique passe par les câbles », a rappelé le directeur général de Nexans, Julien Hueber. L’entreprise défend notamment une filière européenne capable de produire localement, avec du cuivre recyclé et tracé, plutôt que de dépendre d’approvisionnements venus de l’autre bout du monde.
Illustration concrète de la réindustrialisation française, le site d’Autun est aussi l’un des plus grands employeurs de son bassin d’emploi : plus de 200 salariés y travaillent. Une responsabilité prise au sérieux avec des recrutements, des formations et le développement de nouvelles compétences. De quoi assurer au site un rôle stratégique dans la transition énergétique pour plusieurs décennies.
Texte : Pauline Bresson
Photo : Nexans