Le tribunal de commerce de Dijon vient d’accepter le placement en redressement judiciaire du fabricant dijonnais. Une période d’observation de six mois doit permettre à l’entreprise de consolider son avenir.
Une procédure pour se donner de l’air
C’est désormais officiel. Après avoir demandé son placement en redressement judiciaire le 5 août, Lapierre obtient une période d’observation de six mois, une procédure qui permet au fabricant dijonnais de poursuivre son activité tout en gelant ses dettes et en se donnant du temps pour trouver une solution financière viable. Les 106 salariés restent donc en poste et l’activité se poursuit : production, commandes, livraisons, garanties et service après-vente sont maintenus.
Car la difficulté ne vient pas d’un manque d’activité. L’atelier dijonnais produit encore quelque 25 000 vélos par an. Le problème remonte surtout à la période Covid : face à l’explosion de la demande, les stocks avaient fortement gonflé avant que le marché ne se retourne. En 2024, Lapierre stockait ainsi plus de 45 000 vélos dans ses entrepôts dijonnais. Les opérations commerciales mises en place pour écouler ces stocks ont ensuite pesé sur les marges.
Place aux investisseurs
La faillite d’Accell, sa maison-mère depuis 1986, a finalement précipité la situation. Désormais seule, Lapierre cherche un investisseur industriel ou financier capable de financer son besoin en fonds de roulement et son retour à l’équilibre. L’entreprise doit aussi stabiliser sa trésorerie et finaliser son plan d’affaires autonome.
Un travail qui pourra s’appuyer sur les atouts encore bien présents de la marque : son site historique à Dijon, ses capacités industrielles ainsi que de recherche et développement, mais aussi un réseau de plus de 800 revendeurs en France, et une solide réputation. L’entreprise a réalisé 99,1 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025.
« On est tous prêts à faire le boulot pour que ça perdure », résume William Perrier, directeur général. Les six prochains mois diront si cette nouvelle étape permettra à Lapierre de reprendre durablement son destin en main.
Texte : Zoé Benoit
Photo : Cycles Lapierre