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AER : Bras armé du développement économique

Doper l’attractivité économique de la région, attirer et implanter des entreprises, appuyer les collectivités locales dans leur stratégie de développement économique, d’innovation et de transition écologique, constituer des écosystèmes et accompagner les acteurs économiques. Les missions de l’Agence économique régionale Bourgogne-Franche-Comté sont nombreuses. À l’occasion de la tenue, à Arc-et-Senans, des Talents du luxe et de la création, rencontre avec son président et sa directrice générale.

Créateurs dans les univers de l’horlogerie, de la joaillerie, du prêt-à-porter, de la maroquinerie, du mobilier, dirigeants ou représentants de grandes maisons du luxe, chefs, artisans d’art, artistes… La saline royale d’Arc-et-Senans, haut-lieu inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, a été la vitrine, pendant quatre jours jours, de ce secteur d’activité habituellement si discret qu’est le luxe. Une opération voulue par la Région BourgogneFranche-Comté et menée à bien par l’Agence économique régionale (AER).

Celles et ceux qui se souviennent des agences de développement économique des années 1990 en seront pour leurs frais : cette Agence est un acteur du développement différent à bien des égards. « Nous sommes une entreprise, rappelle tout d’abord sa directrice générale, Martine Abrahamse-Pleux. Nous ne touchons aucune subvention. Nous réalisons un chiffre d’affaires (4,3 millions d’euros hors taxes l’an dernier), en réalisant des prestations pour le compte de nos actionnaires qui sont la Région Bourgogne-Franche-Comté, très majoritairement, et de très nombreux établissements publics de coopération intercommunale. » « Ces EPCI sont actuellement au nombre de 75, mais ils seront bientôt 80 voire 90 », se réjouit Jean-Claude Lagrange, président de l’AER et par ailleurs conseiller régional et maire de Sanvignes.

Une entreprise qui emploie 47 collaborateurs et entretient des relations étroites avec le monde économique : « Au sein de notre conseil d’administration siègent 11 élus de la région, 7 présidents d’EPCI et 8 personnes qualifiées dont 4 chefs d’entreprise, précise Martine Abrahamse-Pleux. Par ailleurs, nous avons créé l’instance économique régionale, composée de représentants des organisations patronales et professionnelles, des pôles de compétitivité, des filières et de l’ensemble des acteurs économiques régionaux. Cette instance se réunit avant chaque conseil d’administration. »

Elle permet le dialogue entre le monde économique et le monde politique, remonte des informations et des propositions, émet des préconisations. « C’est grâce à cette instance que nous avons mis en œuvre, en Bourgogne-Franche-Comté, à la demande de la Région, une stratégie ambitieuse en faveur de la filière automobile, confrontée à des enjeux considérables avec la fin programmée du moteur thermique et le développement des nouvelles motorisations électriques et de l’hydrogène », explique Jean-Claude Lagrange.

« C’est grâce à la relation de qualité établie avec le monde économique que nous avons, par exemple, imaginé et déployé la stratégie régionale d’appui à la filière automobile » Jean-Claude Lagrange, président de l’AER.

De la 12e à la 6e place des régions françaises les plus attractives pour les investissements internationaux

Alors une agence pour quoi faire ? L’AER accomplit bien sûr les missions traditionnelles de prospection et répond aux appels à projets des entreprises qui recherchent un site pour s’implanter. « Quand nous répondons à une demande, nous fléchons les territoires de la région qui nous paraissent particulièrement pertinents », précise Jean-Claude Lagrange. Mais l’AER fait bien plus. « Nous sommes d’abord des observateurs précis de l’économie de la région, explique Martine Abrahamse-Pleux. Nous avons par exemple effectué un travail de recensement de l’offre foncière pour les entreprises, soit 2 200 hectares en Bourgogne-Franche-Comté, passés au crible. Mais nous allons plus loin : l’AER a acheté une action dans 114 des entreprises à enjeu de la région, ce qui lui donne le droit de siéger à l’assemblée générale et ainsi de connaître au plus près la réalité de la vie des entreprises du territoire. Cette mission de veille est essentielle pour prendre le pouls de l’économie régionale. »

Et pour implanter des entreprises, elle a opté pour une stratégie consistant à identifier les filières les plus porteuses et à créer, pour chacune d’elles, un écosystème associant entreprises, laboratoires et centres d’enseignement. Neuf filières sont constituées : les mobilités, les énergies, l’hydrogène, la santé, l’alimentaire, l’aéronautique, le numérique, la logistique et le luxe, à l’honneur à Arc-et-Senans début juin. « Nous avons constitué des équipes avec un haut niveau de compétence sur chacune de ces filières, complétées par des professionnels du développement économique, au nombre de six, basés dans les territoires et qui sont les interlocuteurs de proximité des acteurs économiques », résume la directrice générale de l’AER.

L’agence intègre également un pôle innovation et transition écologique, dirigé par Daniel Micard, qui propose des prestations aux entreprises. Cette stratégie globale d’accompagnement ciblée à la fois sur les entreprises et les territoires s’est avérée payante : la Bourgogne-Franche-Comté est passée, en quelques années, de la douzième à la sixième place des régions françaises les plus attractives pour les investissements internationaux.

« Nous avons constitué des équipes de haut niveau pour chacune des neuf filières d’excellence que nous avons identifiées en Bourgogne-Franche-Comté. » Martine Abrahamse-Pleux, directrice générale de l’AER

 

Le luxe à la sauce bourguignonne-franc-comtoise

Avec 450 entreprises et 15 000 emplois, le luxe constitue une véritable filière économique en Bourgogne-Franche-Comté. À tel point que l’Agence économique régionale l’a identifié comme l’une des neuf filières clés du territoire. « Nous avons des entreprises extraordinaires dans les domaines de l’horlogerie, de la joaillerie, de la maroquinerie, de la lunetterie, et de nombreuses qui sont labellisées entreprises du patrimoine vivant (EPV) », souligne Anne Falga, cheffe de projets luxe et territoire d’exception à l’AER. Qui travaille méticuleusement le secteur depuis de nombreuses années : l’ancienne directrice du cluster Luxe & Tech passée chez LVMH participe chaque année depuis six ans au Sommet du luxe organisé à Paris par le Centre du luxe et a fini par convaincre cet organisme de déplacer en région la cérémonie annuelle au cours de laquelle sont remis des trophées aux meilleurs créateurs du luxe à la française.

« L’époque nous est favorable, ajoute Anne Falga. Il y a quelques années, jamais les créateurs n’auraient osé imaginer quitter Paris. Ce n’est plus vrai : ils sont sensibles désormais à la qualité de vie en région, et nous leur avons prouvé qu’en Bourgogne-Franche-Comté existe tout un écosystème qui allie haute technicité et haute technologie. Une démonstration qui suscite un effet waouh et incite de grands noms à s’intéresser de près à la région. » Exemple ? Péquignet, manufacture historique de Morteau, fleuron de l’industrie horlogère de l’arc jurassien. En juillet 2021, la marque lance, lors de l’exposition Fabriqué en France au palais de l’Élysée à Paris, une nouvelle gamme de montres de luxe dont le mouvement est français – un petit événement dans le monde de l’horlogerie, où les mécanismes sont désormais tous japonais ou suisses. Dani Royer, le dirigeant de l’entreprise, s’est vu remettre, le 7 juin à Arc-et-Senans, le prix spécial du jury des Talents du luxe, saluant cette prouesse technologique qui a nécessité deux ans de travail pour les équipes de recherche et développement de Péquignet.

 

Pour plus d’informations : aer-bfc.com

 

Jonas Jacquel

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