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Afterwork : On a pris l’apéro avec… Antoine Muñoz

Voilà plus de 25 ans qu’il veille au bon fonctionnement du seul cinq étoiles de Dijon. Antoine Muñoz, directeur du Grand Hôtel La Cloche, prend sa retraite le 31 mars. Autour d’un verre, il revient avec nous sur cette belle aventure et sur son amour pour cet établissement d’exception.

Décideur. La Cloche et vous, c’est une histoire qui dure depuis 1998. Près de 26 ans de passion pour cet établissement dijonnais d’exception. Vous rappelez-vous votre premier jour ici ?

Antoine Muñoz. Je suis arrivé en famille avec ma femme et mes trois enfants. Ce qui m’a marqué la première fois, c’est l’accueil : un bagagiste nous attendait dans l’allée du parking. L’établissement nous avait accordé une suite duplex pour que nous puissions avoir de la place. L’hôtel était beau, superbe même. Je le connaissais de nom pour avoir travaillé dans le groupe Sofitel dont l’hôtel faisait partie. Même si j’ai tout de suite remarqué les petites erreurs à corriger, La Cloche incarnait, et incarne toujours, cet hôtel à taille humaine que j’aime tant. Auparavant, j’avais travaillé dans un 600 chambres à Paris, au Sofitel de Lyon (150 chambres), à celui de Roissy – un hôtel d’aéroport avec un taux d’occupation de 90 % à l’année… Mais La Cloche, c’était le type d’hôtellerie qui me convenait parfaitement. La preuve, j’y suis resté plus de 25 ans.

Pendant ces 25 années, comment l’hôtel a-t-il évolué ?

Quand je suis arrivé, l’hôtel bénéficiait déjà d’une belle image de marque. La famille Jacquier avait repris l’établissement en 1984 et avait entrepris la rénovation des chambres deux ans avant mon arrivée. Mais la notoriété de la restauration déclinait : le hall, la restauration et les salles de réunion étaient plutôt froids. Au départ, il y avait même deux restaurants : la Rotonde et les Caves de la Cloche. Ces dernières ne fonctionnaient que le soir et il y avait un accordéoniste qui interprétait des chansons bourguignonnes pendant le service. Il fallait faire évoluer tout ça. J’ai décidé de fermer le restaurant du bas et d’agrandir le restaurant du haut en réalisant la terrasse dans une deuxième phase pour que tout le monde soit à la lumière du jour. Ensuite, on est reparti sur une phase de rénovation des chambres, puis du hall et du bar, en leur donnant une identité un peu plus chaude et cossue. Puis les années ont passé et nous avons engagé une nouvelle phase de rénovations, un gros chantier mené entre 2014 et 2016 : la création du spa, un changement de réception, le nouveau bar, la rénovation du hall et du restaurant, la construction d’une salle de cinéma et d’un fumoir… Il y a toujours des améliorations possibles, mais le gros est fait. L’hôtel ne cesse d’évoluer avec son temps.

« Toute ma vie, j’ai accueilli des voyageurs, maintenant, c’est à mon tour de découvrir le monde. » – Antoine Muñoz, Directeur du Grand Hôtel La Cloche

Afterwork : On a pris l'apéro avec... Antoine Muñoz, directeur du Grand Hôtel La Cloche
Il a bu : Schwepps hibiscus – Le journaliste a bu : Une Douceur du sud (cocktail sans alcool) – Où : au bar du Grand Hôtel La Cloche

L’hôtel a accueilli du beau monde tout au long de son histoire. Des personnalités vous ont-elles marqué plus que d’autres ?

Il y a ces moments où vous avez l’impression de rencontrer l’Histoire ! J’ai croisé ici Lech Walesa, qui est venu à l’hôtel à l’occasion d’une soirée CPME. Pour les personnes de notre génération, c’est un personnage historique, celui qui incarne la révolution en Pologne, il faisait la une des journaux. Lors de l’inauguration de l’auditorium, l’hôtel avait aussi accueilli Mstislav Rostropovitch. Un grand Monsieur, mais surtout quelqu’un de simple et d’une immense gentillesse. Souvent, les personnalités que nous accueillons ici sont très abordables. De notre côté, on fait tout pour ne pas les déranger et respecter leur intimité. En personnalités beaucoup plus contemporaines, nous avons aussi reçu beaucoup d’acteurs et d’artistes : Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Dany Boon…

Est-ce qu’à La Cloche, il y a un endroit que vous affectionnez particulièrement ?

Ce n’est pas un endroit où j’aime être, mais c’est un endroit que j’aime faire découvrir, dans la suite à l’angle de l’hôtel : un emplacement magique, qui offre une vue imprenable sur Dijon et la place Darcy. Je voulais à un moment donné en faire une salle à manger privée, à louer pour quatre personnes.

Le 20 by La Cloche s’est ajouté récemment à l’expérience client. Si vous deviez conseiller un vin, ce serait lequel ?

C’est un peu en fonction des goûts de chacun, mais personnellement ce serait forcément un vin de Bourgogne. J’aurais une petite préférence pour un Morey-Saint-Denis ou encore un Choreyles-Beaune. Ce sont des incontournables, on ne peut pas se tromper avec ça.

Être le seul cinq étoiles de Dijon impose une certaine rigueur. Qu’est ce que cela veut dire, « être un cinq étoiles », en 2024 ? Comment l’appréhendez-vous dans votre vie de tous les jours ?

Un cinq étoiles, c’est la personnalisation du service, de l’accueil, c’est l’attitude du personnel, et un écrin somptueux. Il faut que le décor ne soit pas seulement un décor. Comme au restaurant, il faut que ce soit beau aux yeux et bon. Il faut une ambiance et un service au niveau. Tout est dans le souci du détail.

Il y a des mauvais souvenirs aussi ?

Malheureusement, mon pire souvenir restera celui de ce début 2024 avec l’annonce brutale de la disparition de notre chef Aurélien Mauny. Il était à nos côtés depuis 2008 et avait réussi à imposer une véritable signature. Il va laisser un grand vide ici.

Qu’est ce qui va le plus vous manquer ?

Tout ! Le bâtiment, les équipes, les clients, les fournisseurs, tout ce qui m’a fait vibrer pendant 25 ans à La Cloche, et pendant mes 42 ans de carrière. Ce que j’aime ici, c’est discuter avec un client ; trouver des solutions à différents problèmes ; arranger certains services ; organiser des soirées particulières comme la paulée. Je repense à tous les événements que nous avons pérennisés, comme les soirées jazz, le brunch dominical, les rendez-vous littéraires, nos engagements associatifs, notamment avec la Deuche rose. C’est tout ça, La Cloche ! Un grand établissement et des rendez-vous pour ouvrir nos portes aux Dijonnais.

Vous l’imaginez comment, ce lieu, dans quelques années ?

Encore mieux que maintenant, avec des services additionnels. Avec toujours cette envie de garder ce prestige, et de le partager avec l’ensemble des Dijonnais. Tout le monde a le droit de se faire un petit ou un grand plaisir ici.

Et pour vous, l’après-La Cloche, ça ressemblera à quoi ?

Ce seront des voyages, et du temps pour moi. Retrouver des passions simples comme courir et faire du sport, un peu de lecture aussi, et voyager surtout. Je rêve d’aller au Vietnam, à Prague, aux États-Unis, la destination jamais visitée… Toute ma vie, j’ai accueilli des voyageurs ; maintenant, c’est à mon tour de découvrir le monde.

Grand Hôtel La Cloche – Place Darcy à Dijon – hotel-lacloche.fr

Jonas Jacquel

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