Mobilité, attractivité, développement économique : dans le sud dijonnais, les enjeux sont connus… mais restent, pour partie, non résolus. À la tête du Club GrandSud, Céline Poillot et Thierry Durand, co-présidents, portent une voix collective pour défendre les intérêts d’un territoire qu’ils estiment encore sous-desservi. Parmi leurs objectifs : peser concrètement dans la création d’une troisième ligne de tramway dans la métropole dijonnaise.
Créé en 1996 à l’initiative de l’entrepreneur Xavier Delatte, le Club GrandSud est né de la fusion de deux clubs d’entreprises historiques du sud dijonnais. Trente ans plus tard, il rassemble environ 120 adhérents et s’impose comme l’un des plus anciens réseaux économiques de la métropole. Plus qu’un simple lieu d’échange, le Club revendique un rôle actif : celui d’entrepreneurs engagés, qui agissent avec et pour le collectif. « Ce sont les femmes et les hommes, ainsi que les enseignes commerciales, qui font le dynamisme de toute une zone économique », rappelle Céline Poillot. Apartisan, indépendant et financé uniquement par ses membres, le Club joue un rôle d’interface entre les entreprises et les collectivités, en faisant remonter des problématiques de terrain très concrètes.
Porter la voix du Sud Dijonnais
Fidèle à sa raison d’être, le Club GrandSud s’est très tôt emparé du sujet de la future ligne T3, en discussion depuis mars 2025. Un projet structurant, perçu comme une opportunité majeure pour rééquilibrer le développement de la métropole. « Un T3 jusqu’à Marsannay-la Côte, ce serait la nouvelle signature des portes du Sud, affirme Céline Poillot. C’est aussi un combat contre la paupérisation progressive de notre zone. » Car au-delà du tracé actuel, jugé insuffisant, l’enjeu est plus large : repenser l’ensemble des flux de mobilité à l’échelle du sud dijonnais, en s’appuyant sur le tram comme colonne vertébrale d’un réseau global. Le constat est sans appel. L’attractivité économique du secteur reste réelle, mais l’accessibilité constitue un frein majeur, notamment pour les salariés. Les jeunes en formation, les salariés sans véhicule ou les entreprises logistiques sont particulièrement concernés. À cela s’ajoute une rupture territoriale marquée entre certaines zones, comme Chenôve et Longvic, insuffisamment connectées entre elles. « Un apprenti ou un habitant non véhiculé de Chenôve met en moyenne 50 minutes en transport en commun pour rejoindre la zone économique de Longvic », souligne Thierry Durand. En parallèle, les alternatives ne sont pas toujours viables : « en deux-roues, aux heures de pointe, cela devient très dangereux ». Difficultés de recrutement, allongement des temps de trajet, manque de liaisons directes… la mobilité conditionne directement l’emploi et l’activité.

proposé par le Club GrandSud
Une vision globale de la mobilité
Face à ces limites, le Club GrandSud défend une vision plus ambitieuse : prolonger la ligne T3 au-delà du terminus projeté par la Métropole, jusqu’à l’entrée de Marsannay, au cœur d’un secteur à la fois économique et résidentiel. Mais surtout, cette extension doit s’accompagner d’un maillage complémentaire : création de lignes de bus structurantes, mise en place de navettes rapides, développement de mobilités douces, et réflexion globale sur les flux. L’idée : créer une boucle cohérente entre les zones d’activité, capable de desservir efficacement Longvic, Beauregard ou encore le Petit-Cîteaux, tout en facilitant l’accès aux commerces et aux entreprises. Une approche systémique, qui répond aux enjeux à la fois écologiques et économiques, détaillée dans le dossier transmis à la Métropole.
Ce positionnement s’inscrit dans un rôle que le Club assume pleinement : celui d’interlocuteur de terrain. « On est là pour être facilitateur », explique Thierry Durand. Qu’il s’agisse d’alerter sur un chantier bloquant l’accès à une enseigne ou de porter des propositions structurantes, le Club agit comme un relais direct entre les nombreux entrepreneurs du secteur et les élus. Une légitimité qui tient autant à sa neutralité qu’à son ancrage, mais aussi à sa capacité à formuler des solutions concrètes, construites collectivement. Et ce, de façon bénévole.
Reste désormais à transformer l’essai. « Le travail effectué par le Club GrandSud et l’implication des maires élus de notre secteur devraient porter leurs fruits », avance Céline Poillot. Une perspective encourageante pour un territoire qui, malgré ses atouts, attend encore d’être pleinement connecté. Et dans un contexte de crise énergétique, qui impose de repenser en profondeur les modes de déplacement, la question de la mobilité devient aussi un enjeu de souveraineté locale. Le tramway T3 apparaît ainsi comme un premier élément de réponse à un monde qui évolue vite, très vite, ainsi que comme un moyen de renforcer la zone d’activité et de faciliter les déplacements pour des quartiers longtemps restés à l’écart du projet initial.
Club GrandSud
2, avenue de Marbotte à Dijon
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