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Happy e-day : Pourquoi EDF y croit ? (3/3)

Entretien croisé avec Yves Chevillon, directeur à l’action régionale d’EDF Bourgogne-Franche-Comté, et Jérémie Motin, directeur projets et opérations à la direction mobilité électrique du groupe EDF.

« Le « plein » d’une voiture électrique coûte jusqu’à quatre fois moins cher »

Décideur. Les prix du carburant s’envolent à la pompe. Est-ce que les véhicules électriques sont devenus plus rentables ? 

Yves Chevillon, EDF Bourgogne-Franche-Comté
Yves Chevillon, délégué à l’action régionale EDF Bourgogne-Franche-Comté.

Yves Chevillon. Ce qui est assez parlant, c’est combien coûtent 100 kilomètres en électrique versus 100 kilomètres en thermique. Si l’on se recharge à domicile, cela va coûter 2,50 euros, contre 10 euros en thermique. C’est un rapport de 1 à 4. Si l’on se recharge en voirie, cela peut aller jusqu’au prix du thermique, mais c’est très variable. Mais 90 % de la recharge se passe soit à domicile, soit au bureau. Dans certains cas, cela peut même être gratuit en fonction des employeurs. 

La question de la dépendance énergétique a pris de l’ampleur depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Concernant l’électricité, sommes- nous vraiment indépendants en France ? 

Complètement, nous sommes totalement indépendants ! Cette actualité qui fait de la souveraineté énergétique une question encore plus cruciale renforce l’intérêt d’électrifier la mobilité. Dans la même journée, on peut à la fois être exportateur et importateur. Cela dépend de la capacité à gérer la charge, car l’électricité ne se stocke pas. Globalement, en France, nous sommes plutôt exportateurs de production électrique, grâce à l’importance de notre parc. 

« EDF A LA CONVICTION QUE LA LUTTE CONTRE LE DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE PASSE PAR L’ÉLECTRIFICATION DES TRANSPORTS. « 

Décideur. Pourquoi la mobilité électrique est-elle si importante pour EDF ?

Jérémie Motin, groupe EDF
Jérémie Motin, directeur projets et opérations
à la direction mobilité électrique du groupe EDF

Jérémie Motin. Le secteur des transports, c’est 30 % des émissions de gaz à effet de serre. L’urgence climatique est là, ça ne fait plus débat, et les consciences sont désormais éveillées sur ce sujet. La question maintenant, c’est : comment passe- t-on à l’action ? EDF a la conviction que la lutte contre le dérèglement climatique passe par l’électrification des transports. 

Vous souhaitez donc vous positionner en tant que leader de la fourniture pour les véhicules électriques ? 

Tout à fait. En 2018, nous avons lancé un plan mobilité électrique qui se décline en trois piliers : d’abord la fourniture d’énergie. L’ambition est d’être leader, avec 30 % de parts de marché. Le deuxième pilier, c’est le développement des infrastructures de recharge. Nous prévoyons de déployer 400 000 points de charge d’ici à 2023 en France, en Belgique, en Italie et au Royaume-Uni. Enfin, le dernier pilier, c’est l’investissement dans la recharge intelligente, en exploitant plus de 10 000 de ces points de charge. 

En quoi consistent ces recharges intelligentes ? 

Ce sont des bornes qui ont pour but d’éviter d’augmenter la puissance d’électricité souscrite par une entreprise. Le Smart Charging est doté d’un système intelligent qui va répartir la charge des véhicules en fonction de la demande. La recharge est alors lissée sur leur temps de stationnement, ce qui permet d’équilibrer la consommation d’électricité du site. De plus, la technologie V2G, développée par notre filiale DREEV, permet d’utiliser les batteries des véhicules branchés au réseau comme source d’énergie pour alimenter le bâtiment en cas de pic de consommation. 

Vous avez pour ambition de convertir totalement votre flotte d’ici à 2030. Un grand défi ! 

Oui, EDF a été le premier groupe industriel français à rejoindre l’initiative mondiale de l’organisation Climate Group – EV100, qui 

lutte contre le changement climatique. Dans ce cadre, nous nous sommes engagés à convertir l’ensemble de notre flotte en électrique d’ici à 2030, soit 40 000 véhicules. Aujourd’hui, nous en avons déjà converti 17,5 %, ce qui représente 7 000 véhicules. 

Cela vous permet de vous positionner en tant que modèle à suivre et d’accompagner au mieux vos clients vers l’électrification de leurs flottes ? 

En effet, c’est un grand défi technique et humain qui nous donne de l’expérience en la matière pour accompagner au mieux les entreprises et les collectivités sur des problématiques que nous avons nous-même rencontrées. Il faut qu’un entrepreneur ait une solution adaptée à ses besoins pour qu’il reste compétitif. Le plus important, c’est de définir les différents besoins et usages de chacun : savoir s’il a besoin d’une ou de plusieurs bornes, de quelle puissance, connectées ou non, ouvertes au public ou non… EDF propose des services d’étude et de conseils pour les IRVE (infrastructures de recharge de véhicules électriques). Enfin, EDF s’appuie sur sa filiale IZIVIA pour l’installation des équipements de charge des véhicules électriques. 

 

La preuve par l’exemple

Chez Dijon Céréales 

Alexandre Weyrich, directeur d’exploitation de Dijon Céréales, en est convaincu : pour être un acteur qui compte dans la transition énergétique et faire face aux enjeux du dérèglement climatique, il faut que les entreprises et les décideurs tendent vers une électrification de leur flotte. La coopérative a sauté le pas en 2021, engageant un partenariat avec EDF. Depuis sa promulgation en décembre 2019, la loi d’orientation des mobilités (Lom) impose un quota de voitures à faibles émissions de CO2 lors du renouvellement des flottes privées de plus de 100 véhicules. D’abord établi à 10 % à partir de 2022, il montera jusqu’à 50 % en 2030.

De son côté, Dijon Céréales a acquis cette année quatre véhicules électriques et installé quatre bornes à son siège de Longvic. Le groupe projette d’équiper ensuite ses magasins Gamm Vert. Pour les entreprises, la transition vers un parc automobile électrique peut s’avérer complexe. Pour faciliter cette réflexion, EDF propose aux entreprises un accompagnement personnalisé de A à Z. 

Chez Eiffage 

Autre précurseur en matière de transition énergétique et écologique, le groupe Eiffage agit, à travers ses opérations, en faveur de la baisse des émissions de CO2. Vincent Vernotte, directeur d’agence réhabilitation Bourgogne-Franche-Comté, souligne l’évolution en dix ans en matière de chantiers bas carbone. De nombreux projets ont vu le jour, avec toujours cette même ambition : limiter l’impact environnemental. Par exemple, sur le chantier de la Cité internationale de la gastronomie et du vin, Eiffage a misé sur la récupération et la revalorisation des matériaux. Il devint même en 2018 le premier groupe à afficher un bilan climat. « Mais après ça, que faire de plus ? »

Il n’a pas fallu longtemps à Vincent Vernotte pour que fleurisse une nouvelle idée : devenir ambassadeur bas carbone, avec cette fois-ci un travail en interne pour sensibiliser les collaborateurs aux enjeux de la mobilité durable. Une stratégie lancée le 3 mars dernier, juste avant le e-day. « Cela tombait à point nommé. Lors de cette journée, j’ai découvert un nouveau vocabulaire et obtenu des réponses à mes questions. Dès le lundi suivant, j’ai appelé de nombreuses concessions comme le groupe Chopard, Volvo, Volkswagen BYmyCAR, Hyundai… Et le 13 mai, nous avons organisé un grand test auto, de Dijon à Sens, avec six voitures 100 % électriques. Un essai concluant que la cinquantaine de collaborateurs a particulièrement apprécié. » Aujourd’hui, la société compte commander 10 véhicules électriques d’ici à 2023 et se donne pour objectif de baisser de 30 % ses émissions d’ici à 2025 et de 46 % d’ici à 2030. 

 

 

Jonas

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