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La Poste : facteurs d’espoir

En 2020, selon l’évaluation de l’agence Vigeo Eiris, le groupe La Poste est devenu l’entreprise la plus performante en France et dans le monde en matière de RSE. En Bourgogne-Franche-Comté, Blandine Alglave, déléguée régionale du groupe, et Kildine Bataille, déléguée régionale numérique & RSE, abordent avec nous les enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux qui sont au centre de leur plan stratégique.

Décideur. Depuis plusieurs années, on observe que La Poste s’engage à réaliser une trajectoire de diminution de ses émissions de gaz à effet de serre. Concrètement, que faites-vous pour aller dans ce sens ?

Blandine Alglave. Il y a effectivement une stratégie de diminution de notre empreinte, qui n’est d’ailleurs pas récente. Nous avons choisi, dès 2012, d’intégrer la responsabilité environnementale dans chacune de nos actions. Ce n’est pas pour rien si La Poste est devenue la première flotte de véhicules électriques en Europe. Depuis 2013, nous avons réduit de 27 % nos émissions de CO²– notre objectif étant d’atteindre les 30 % d’ici à 2025 – et, depuis 2015, nous avons aussi réussi à diminuer de 49 % de nos émissions de particules fines sur l’ensemble de nos activités. À l’image du nutriscore que l’on trouve dans l’alimentation, nous mettons en place un score écologique qui est suivi et mesuré pour toutes nos branches d’activité. Premier opérateur postal au monde à être intégralement neutre en carbone, nous nous engageons à atteindre le « Zéro Émission Nette » de gaz à effet de serre en 2030. Nous déployons un système de compensation carbone avec notre programme « Climat + Territoires ». Ce programme consiste à financer des projets vertueux dans les domaines de la gestion forestière améliorée, de l’agroforesterie ou du reboisement. Dans la région, nous souhaiterions par exemple signer un projet dans les zones forestières du Morvan.

Vous avez la première flotte de véhicules électriques en Europe. Pourquoi avoir pris ce tournant de l’électrique ?

B.A. En effet, rien que dans la région Bourgogne-Franche-Comté, nous comptons plus de 1 200 véhicules électriques en circulation. Pourquoi ce choix ? Parce que nous savons que l’activité humaine et l’activité des entreprises est en grande partie la source du réchauffement climatique. Donc il faut agir. Il suffit de se former à la fresque du climat pour se rendre compte des phénomènes d’interdépendance. Étant le premier employeur de France après l’État, La Poste doit apporter une partie de la solution. Nous formons une mini société, donc, pour prendre notre part dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, quoi de mieux que de se doter de véhicules électriques et d’être ainsi les pionniers dans le transport vert. Le Grenelle de l’Environnement en 2007 donne l’occasion au gouvernement de placer notre groupe en position de leader du sousprogramme « véhicules décarbonés ». Dans ce programme national, La Poste s’engage à un achat d’impulsion, à hauteur de 10 000 véhicules électriques entre 2011 et 2015, devenant la plus grande flotte de véhicules électriques en Europe, de la bicyclette aux 2, 3 et 4 roues motorisés. L’objectif est aussi d’améliorer les conditions de travail de nos postières et de nos postiers.

D’ailleurs, ces postiers et ces postières sont formés à l’éco-conduite…

B.A. Tout à fait, depuis 15 ans, 80 000 postiers ont été formé à l’éco-conduite. Le bénéfice, c’est que tous ces gestes appris dans notre travail peuvent être ensuite retranscrits dans notre vie personnelle afin de créer des cercles vertueux.

La Poste : facteurs d'espoir

Outre l’aspect environnemental, dans les quatre engagements qui sont inscrits dans les statuts de La Poste, il y a aussi l’objectif de favoriser l’inclusion sociale. Comment agissez-vous sur cette thématique en Bourgogne-Franche-Comté ?

Kildine Bataille. Tout d’abord, La Poste agit contre la précarité financière par le biais de la Banque postale. Nous avons développé un dispositif d’inclusion bancaire spécifique dont nous fêtons les dix ans cette année : l’Appui. Fin mai, dans le bureau de poste de Dijon Mansart, nous avons mené une opération spécifique autour de ce dispositif afin d’informer et de sensibiliser les personnes en situation de fragilité financière dans leurs démarches bancaires en ligne. L’année dernière, nous avons accompagné 115 000 personnes rien qu’en Bourgogne-Franche-Comté avec ce dispositif.

L’inclusion sociale, c’est aussi votre mobilisation en faveur de la jeunesse…

K.B. C’est aussi l’une de nos convictions. L’année dernière, 140 jeunes ont été accueillis en stage et en alternance, dont 9 % étaient issus des quartiers politique de la ville. Nous avons signé des partenariats avec les écoles de la deuxième chance, celle de Chevigny-Saint-Sauveur et celle du Territoire de Belfort, pour permettre à ces jeunes de découvrir nos métiers et de s’insérer dans la vie professionnelle. Nous avons créé aussi l’Envol, un dispositif de mécénat sociétal qui est exercé par le biais de la Banque postale et qui permet à une quinzaine de jeunes de la région d’être accompagnés par des postières et des postiers dans l’accès à des établissements scolaires d’excellence. Ce n’est pas toujours évident quand on n’est pas né sous une bonne étoile, c’est pour cela que La Poste est engagée depuis 2014 dans ce dispositif destiné à donner un maximum de chances de réussite à toutes et tous.

Et la ruralité qui est souvent vue comme la grande délaissée ?

K.B. Nous renforçons notre présence et l’accès à nos services en milieu rural. La Poste est et reste dans les territoires, même si c’est d’une manière différente de ce que nous avons connu depuis 600 ans. Nous accompagnons la transformation de la société et la transformation des usages. Par notre présence postale, nous développons des formats de présence adaptés aux populations, qu’elles soient en quartier politique de la ville ou en zone rurale. Par exemple, en région, nous avons 1200 points de contact. Beaucoup de banques quittent les territoires ruraux : La Poste, elle, reste, mais parfois sous un format différent. Nous avons évidemment des bureaux de poste, mais aussi des agences communales et des relais commerçants. C’est une manière de favoriser la cohésion territoriale en restant dans les territoires. Autre exemple, nous sommes présents grâce à des services de proximité comme le portage de repas et de médicaments pour les personnes isolées. Le facteur n’a plus beaucoup de courrier à distribuer aujourd’hui. Il distribue donc des repas, des colis, des services…

Pendant la crise sanitaire, La Poste a été un peu le lien et le liant entre beaucoup de Français. Comment avez-vous vécu cette période de confinements successifs ?

B.A. Il y a eu un besoin de Poste qui s’est révélé encore davantage pendant la crise. Nous avons par exemple dépanné des personnes isolées en argent liquide pour qu’elles puissent aller faire leurs courses. Les familles attendaient surtout de nous ce rôle de veille sociale. Prendre des nouvelles, discuter quelques minutes, ces petits gestes ont été d’une grande importance pour beaucoup de monde. Ces services perdurent encore aujourd’hui et se développent.

Aujourd’hui, La Poste évolue avec son temps. Vous êtes d’ailleurs très actifs sur l’inclusion numérique…

B.A. Notre activité courrier ne pèse plus que 17 % de notre chiffre d’affaires. Cela veut dire que nous sommes présents sur d’autres activités. Aujourd’hui, il est de notre devoir d’accompagner des citoyennes et citoyens en situation d’exclusion numérique. Vingt mille personnes l’ont été en Bourgogne-Franche-Comté depuis 2018 avec la mise en place d’ateliers de médiation numérique en partenariat avec l’Arnia (Agence régionale du numérique et de l’intelligence artificielle) et les acteurs ESS locaux.

Et en interne, que faites-vous pour la qualité de vie au travail de vos salariés ?

K.B. Nous avons construit un pacte social qui place les postières et les postiers au cœur de ces transformations. Il faut que nos salariées et nos salariés soient des acteurs de ces engagements sociétaux, mais qu’ils en soient aussi les bénéficiaires. Cela passe par la formation, mais aussi par l’évolution professionnelle. Nous avons plus de 50 000 parcours qualifiants. Évidemment, la santé et la qualité de vie au travail restent nos priorités. Il y a quelques mois, j’ai par exemple reçu des étudiants en service sanitaire de l’UFR santé de l’université de Bourgogne qui sont venus nous proposer des ateliers d’hygiène de vie au travail et d’alimentation, ainsi qu’à nos collègue de Médiapost.

« La poste de demain, ce sera un équilibre savant avec une jambe dans les territoires, aux côtés des plus fragiles, et une jambe dans l’innovation et le numérique au service de tous. » Blandine Alglave, déléguée régionale du Groupe La poste

La Poste : facteurs d'espoir

 

Dernière question, prospective. Comment imaginez-vous La Poste de demain ?

B.A. Ce sera une Poste qui restera humaine. Nous continuerons d’accompagner les transitions, qu’elles soient d’ordre numérique, écologique, démographique… Tout en maintenant notre présence physique dans les territoires. Ce sera un équilibre savant avec une jambe dans les territoires, aux côtés des plus fragiles, et une jambe dans l’innovation et le numérique au service de tous. Quand on porte l’ambition d’être le numéro un de la livraison verte en France et d’être le leader de la finance à impact avec la Banque postale, on doit être en perpétuelle innovation.

lapostegroupe.com

Jonas Jacquel, DR

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