LE MAGAZINE DES DÉCIDEURS & DES RÉSEAUX DE BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ

Vélotour • Vingt ans et toujours en selle

Créé à Dijon en 2006, Vélotour fête cette année son vingtième anniversaire. Derrière cet événement devenu un rendez-vous populaire et familial, complet d’année en année, Bastien de Marcillac, directeur de l’agence organisatrice Event Etc, pilote une mécanique bien plus fine qu’il n’y paraît : faire redécouvrir la ville à vélo, sans jamais perdre de vue l’expérience des participants. Retour sur un concept unique en France et sur ses coulisses.

Le 17 septembre 2006, Pierre-Henri Deballon et Sébastien Tonglet organisent la première édition d’un événement sportif qui a depuis dépassé la capitale bourguignonne. À l’origine, l’idée est simple : proposer aux habitants un circuit familial qui leur permette de traverser à vélo des lieux insolites habituellement fermés aux cyclistes. Ce que ne disait pas l’histoire, c’est qu’avec Vélotour allait naître une autre aventure, tout aussi pérenne et tout aussi belle. En organisant l’événement, les fondateurs se heurtent à la complexité de la gestion des inscriptions et de la billetterie. La solution ? Elle n’existe pas encore. Pour pallier ce manque, ils décident de développer leur propre solution de billetterie événementielle en ligne : le géant Weezevent naît en avril 2008 à Dijon.

« Les gens reviennent d’année en année pour redécouvrir leur ville autrement. »

Bastien de Marcillac, directeur de Vélotour

C’est la proximité entre les deux aventures qui mène, en 2012, Bastien de Marcillac jusqu’à Vélotour. Alors qu’il postule chez Weezevent, le diplômé en marketing de l’événementiel sportif intègre finalement Event Etc, jusqu’à en prendre la direction. « Quand je suis arrivé, j’étais tout seul avec un stagiaire », raconte-t-il. Aujourd’hui, une vingtaine de personnes travaillent sur les événements de l’agence, entre Vélotour et Pop In The City, l’autre concept développé par la structure.

Un événement pensé pour les habitants

Si Vélotour s’est depuis déployé dans quatorze villes françaises, le principe, lui, n’a pas changé : parcourir la ville à vélo en passant par des lieux inattendus. À Dijon, unique ville couverte par l’événement en Bourgogne-Franche-Comté, les participants ont déjà traversé le Parc des expositions et congrès, l’ancienne base aérienne, les Halles, l’Auditorium, l’hôtel La Cloche ou encore le centre d’exploitation et de maintenance des bus et trams Divia. « À Dijon, 80 % de notre public vient de l’agglomération. Les gens reviennent d’année en année pour redécouvrir leur ville autrement », explique-t-il.

Une organisation multifactorielle

Pour les organisateurs, chaque édition commence par une vaste phase de repérage, menée sans perdre de vue le caractère familial du rendez-vous. L’équipe dresse une liste d’une cinquantaine de sites potentiels, vérifie leur accessibilité à vélo, leurs contraintes et leur intégration dans un parcours cohérent et circonscrit. Les lieux sont ensuite reliés par un circuit et les passages sécurisés. Une mécanique précise qui porte ses fruits, puisque l’événement affiche complet depuis plus de dix ans à Dijon.

La recherche de l’optimum

Le succès de Vélotour pourrait inciter à voir plus grand. Dijon a d’ailleurs déjà connu des éditions à 10 000 participants. Mais les organisateurs ont fait le choix de la qualité de l’expérience et, depuis plusieurs années, la jauge est volontairement plafonnée à 5 000 personnes. « Au-delà, on s’est rendu compte que l’expérience était dégradée », explique Bastien de Marcillac. Sur un événement où les cyclistes entrent dans des bâtiments, traversent des passages parfois étroits et se suivent en continu, les bouchons arrivent vite, même si les départs sont répartis sur plusieurs heures. Un choix assumé qui dit beaucoup de l’état d’esprit de l’équipe : mieux vaut un événement maîtrisé qu’une édition saturée.

Un modèle hybride et local

Le modèle économique de Vélotour repose sur trois piliers : la billetterie, les partenaires privés et surtout le soutien public. « Les partenaires publics sont les plus importants, pas forcément financièrement, mais parce que sans eux, on ne peut pas faire l’événement », souligne Bastien de Marcillac. À Dijon, Ville, Métropole, Département et Région accompagnent historiquement l’opération. Un soutien qui permet de maintenir des tarifs abordables pour un événement familial.

L’édition 2026 est déjà prévue le 13 septembre dans la capitale des Ducs de Bourgogne, avec un parcours qui devrait se dessiner plutôt au nord de la ville. Cette année encore, Bastien de Marcillac a veillé à ce que Vélotour tienne ses promesses : transformer Dijon, le temps d’un dimanche, en terrain de jeu collectif, et continuer de surprendre les participants avec des circuits hors normes.

Texte : Alban Salmon
Photos : Julien Dromas, Cyril Duc, Maxence Lambert, Jeff Pachoud, Alain Spies, Jean-Christophe Tardivon, DR

DANS LA MÊME CATÉGORIE...