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Vitagora : La Silicon Valley de l’alimentation

Le pôle de compétitivité Vitagora est devenu, au fil des années, un acteur intégré de l’innovation dans l’alimentation. Représentant en Bourgogne-Franche-Comté des industries alimentaires, il est désormais installé au sein de la Cité internationale de la gastronomie et du vin. Évidemment.

Pierre Guez – 45 ans de combats pour la coopération agricole dont près de 30 ans comme directeur général de Dijon Céréales – et Christophe Breuillet forment ensemble « le plus vieux couple à la tête d’un pôle de compétitivité ». La formule, dite avec un large sourire, est de Pierre Guez, président de Vitagora depuis 2006, ce pôle dijonnais créé en 2005 dont Christophe, donc, est le directeur depuis la même époque. Les deux complices, qui font équipe depuis le début avec la même responsable communication, Marthe Jewell, connaissent donc sur le bout des doigts l’histoire de cette association qui ne cache plus ses ambitions mondiales. Flahsback et récit d’une ascension irrésistible…

« Nous soutenons les projet de la Cité Internationale de la Gastronomie et du vin dès le dénut. Et nous étions, avec le Village vy CA, les premiers installés sur le site, dès le début 2022. » Pierre Guez, président de Vitagora.

En 2008, à Lamoura (Jura), Vitagora trace son chemin, définissant sa stratégie. À l’époque, le jeune pôle de compétitivité, initialement positionné sur « le goût, la nutrition et la santé », fédère sept associations représentant chacune une filière. Ses dirigeants construisent une stratégie à trois dimensions : le goût (le plaisir de manger, les cultures et les préférences alimentaires…), la santé et puis l’enjeu environnemental, avec cette question qui deviendra centrale quelques années plus tard : « Comment nourrir la planète sans la détruire ? » C’est l’époque où les associations disparaissent, Vitagora est organisé pour mener à bien son projet : c’est le début de la fulgurante ascension d’une structure qui, bientôt, sera bien davantage qu’un pôle de compétitivité. Sa présence territoriale va d’ailleurs très vite s’accroître, englobant l’Île-de- France dès 2012, ce qui lui concède un terrain de jeu de 12 millions d’habitants.

De nombreux projets créés ou soutenus par Vitagora

Dès lors, les projets voient le jour, les uns après les autres, à l’initiative ou avec le soutien de Vitagora. La plateforme d’innovation agro-environnementale (PIAE) Artemis, par exemple, dès 2010. Puis AgrOnov, le technopôle agro- environnemental situé à Bretenière. L’implantation d’un Village by CA dédié à l’alimentation, au cœur de Paris, en 2014, puis à Dijon en 2018. La FoodTech Dijon-Bourgogne en 2016. Sans oublier le Toaster Lab, le programme d’accélération des start-ups de l’alimentaire, qui contribue à donner naissance à un écosystème innovant.

En 2017, les responsables de Vitagora se penchent au chevet des deux associations régionales de l’industrie alimentaire (Aria) de Bourgogne et de Franche-Comté. Deux ans plus tard, les deux entités fusionnent au sein de Vitagora, qui devient du même coup le représentant de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), le porte-parole et le porte- drapeau de toute la filière – une situation unique en France, qui donne un poids tout particulier ainsi qu’une forte légitimité au pôle de compétitivité. Pendant qu’elle gagne de la puissance à l’échelon national, Vitagora se projette, à la même époque, à l’international, ouvrant un premier bureau au Japon, à Kumamoto, en 2020, puis à Kigali, au Rwanda, en 2021. « Nous organisons des missions à l’étranger avec les entreprises, nous signons des accords de partenariat avec des organisations agroalimentaires dans le monde, nous conseillons des territoires dans la structuration de leur filière, explique Christophe Breuillet. Nous travaillons aujourd’hui sur l’ouverture d’autres bureaux, en Europe de l’Est, en Asie ou en Amérique du Nord ».

Vitagora et la FoodTech Dijon-Bourgogne ne forment plus qu’un

Et puis arrive la Cité internationale de la gastronomie et du vin. « Notre présence en son sein tombait sous le sens, assure Pierre Guez. Nous soutenons le projet dès le début. Et nous étions, avec le Village by CA, les premiers installés sur le site, dès le début 2022. » L’outil de travail est bien en place.

Depuis ses bureaux modernes avec vue sur la Cité, Vitagora se renforce en absorbant la FoodTech Dijon-Bourgogne, de manière à constituer « un acteur intégré couvrant le champ de l’innovation en matière d’alimentation durable, avec une ambition internationale affirmée », résume Christophe Breuillet. Vitagora a les moyens de ses ambitions : avec 650 acteurs économiques membres et 270 adhérents, comprenant une majorité de PME régionales et des grands groupes alimentaires mondiaux, Vitagora a trouvé son modèle économique, qui repose sur un mix cotisations-prestations pesant 60 % de son budget annuel de 2,7 millions d’euros – le solde relevant de subventions publiques qui se réduisent d’année en année, émanant de Dijon métropole, de la Région Bourgogne Franche-Comté et de l’État. Le pôle compte une trentaine de collaborateurs. Et porte plus que jamais l’ambition que Pierre Guez résume en une de ces formules dont il a le secret : « Nous allons devenir la Silicon Valley de l’alimentation ».

« Nous travaillons aujourd’hui sur l’ouverture d’autres bureaux, en Europe de l’Est, en Asie ou en Amérique du Nord. » Christophe Breuillet, directeur de Vitagora.

Pour plus d’informations : vitagora.com

Thibault Piedallu

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