À la tête de Cerclecom, l’association des communicants de Bourgogne-Franche-Comté, Aurélie Boudenia ne cherche pas à incarner seule une fonction, mais à activer une dynamique collective. Dans un secteur en pleine mutation, elle défend une communication utile, ancrée dans son territoire et consciente de son impact.
Elle privilégie l’écoute et le collectif. À peine élue présidente de Cerclecom pour deux ans, Aurélie Boudenia insiste d’emblée : la fonction n’est pas un titre, mais une responsabilité partagée. « Mon rôle, c’est surtout de créer les conditions pour que les idées émergent », résume-t-elle.
« Cerclecom se veut d’abord un réseau utile. »
Aurélie Boudenia, présidente de Cerclecom
Donner du sens, ici en région
Directrice de clientèle chez INNOV’events à Dijon, Aurélie Boudenia a construit sa carrière en BFC. « C’est ma région natale, mais c’est surtout une région dynamique, portée par de nombreuses initiatives », de celles qui donnent envie de s’impliquer. Et c’est au cœur de Cerclecom qu’elle entend porter cet engagement. Fondé il y a quinze ans, Cerclecom s’est imposé comme le plus grand réseau de communicants de Bourgogne-Franche Comté. Près de deux cents professionnels y échangent aujourd’hui : agences, entreprises, institutions, indépendants ou jeunes diplômés. Une diversité que sa présidente considère comme une force, essentielle dans un secteur en mutation permanente. « Beaucoup de communicants cherchent du sens et des repères, note-t-elle, et pour y répondre, Cerclecom se veut d’abord un réseau utile. » Bref, pas seulement un carnet d’adresses ou un moyen de gagner en visibilité. Il s’agit de favoriser l’entraide plutôt que la compétition, en créant des espaces où l’on peut confronter les pratiques et partager les réussites comme les difficultés du métier.
Au-delà de l’image
Pour Aurélie Boudenia, la communication ne se résume pas à une devanture. Elle touche à quelque chose de plus profond : la manière dont les entreprises, les organisations, ou les territoires racontent leur histoire. « La communication influence les perceptions, les comportements, les récits », rappelle-t-elle. De là découle la question de la responsabilité des communicants ; pas dans un sens militant, mais à la manière d’une conscience professionnelle. Il ne s’agit pas de dire ce qu’il faut penser, mais plutôt de créer des espaces pour réfléchir ensemble aux enjeux du métier : son éthique et son rôle dans les transformations de la société. Au fond, il s’agit surtout de faire évoluer la communication avec son époque, sans la figer dans un modèle dépassé, mais en interrogeant sans cesse ses responsabilités. Et peut-être, à travers cette dynamique collective, rappeler que les récits que l’on produit façonnent toujours un peu le monde dans lequel on vit.
L’intelligence collective en pratique
Ces discussions gagnent d’ailleurs à dépasser le cercle des seuls communicants. La communication se situe au croisement de nombreux univers : économique, culturel, social… Elle se nourrit de ces réalités et les influence en retour. La réflexion sur le métier doit donc rester ouverte à des regards différents, ceux des entreprises, des institutions ou des acteurs du territoire. C’est peut-être là que se trouve le fil conducteur du parcours d’Aurélie Boudenia : une attention constante au collectif. Qu’il s’agisse d’accompagner des structures dans leurs développements ou de fédérer des professionnels autour d’un projet commun, elle privilégie toujours la dynamique de groupe. « Les idées naissent rarement seules », confie-t-elle. Une façon, finalement, de rappeler que la communication, plus qu’un simple outil, est aussi une affaire de relations humaines.
Texte : Zoé Benoit
Photo : Antoine Martel