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Bernard Meunier : « osez entreprendre ! »

Ex-négociateur au sein du GIGN, Bernard Meunier est devenu psychanalyste et sophrologue. Dans cette première chronique, il montre qu’entre le monde sportif et le monde entrepreneurial, il n’y a qu’un pas.

On associe la préparation mentale au sport. Il est vrai que, depuis toujours et dans toutes les civilisations, le sport transcende les foules en procurant des émotions inégalées. Depuis plusieurs siècles, jadis dans les arènes, désormais dans les stades, les performances symbolisent l’objectif atteint, la récompense de longs mois ou d’années d’entraînement et d’investissement. Au-delà du résultat, la reconnaissance sociale, pour certains, et professionnelle, pour d’autres, voire les deux. En matière de santé – d’écologie de vie pour être moderne –, les preuves ne manquent pas. En matière de dépassement de soi, il est le vecteur le plus connu, malgré son lot de blessures, de déceptions, de lassitude, de souffrances pour faire court. Pour performer, le sportif a besoin non seulement d’un coach physique, mais aussi d’un coach mental. Les deux font la paire, et aucun winner ne peut se passer des services du second désormais – que le sport soit individuel ou collectif.

Les chefs d’entreprise sont l’égal des sportifs pour les raisons évoquées ci-dessus mais aussi pour bien d’autres. Ils sont, les uns comme les autres, utiles dans le fonctionnement d’une société. Il faut de ces hommes et de ces femmes qui veulent prendre des risques, s’engager, se dépasser et prouver qu’ils peuvent réussir, gagner, parce qu’ils l’ont décidé, parce que ce sont des décideurs.

« La préparation pour ces décideurs, ces guerriers d’aujourd’hui, a souvent besoin d’être accompagnée pour traverser l’orage et franchir un cap. »

Cet engagement dans l’entreprenariat comme dans le sport est le prolongement de notre être, de ce que nous sommes, de ce que nous souhaitons. Pour cela, il faut être résilient, parce que la vie n’épargne personne, parce que nos vécus, nos relations, nos chocs émotionnels, nos traumatismes, nos traces de vie nous permettent d’être là où nous sommes il est vrai, mais peuvent également nous freiner, nous lasser, nous empêcher de voir, de faire, d’analyser pour réussir, pour vaincre. Le courage est bien présent mais, pourtant, des scénarios peuvent se répéter, des situations s’enkyster, des relations se détériorer, des chiffres d’affaires ne pas ou ne plus être au rendez-vous… La préparation, pour ces décideurs, ces guerriers d’aujourd’hui, et pour pérenniser leur démarche vertueuse, a souvent besoin d’être accompagnée. Il peut être nécessaire d’avoir un compagnon de route à un moment, à un instant peut-être, pour traverser l’orage, passer le gué, franchir un cap. La connaissance de soi est importante pour avancer. Il faut également connaître ses valeurs, celles que l’on partage dans les groupes dans lesquels nous évoluons et qui façonnent nos objectifs, nos buts. Notre culture, notre éducation, notre environnement influent et ont influé sur ces dernières en différenciant nos intérêts et notre manière de communiquer, de nous affirmer même.

Il y a ce que l’on sait et ce que l’on voit, et le reste. L’autre partie de nous qui nous pousse à faire ce que l’on fait, ce dans quoi nous nous engageons. Ce qui nous pousse à vivre là où nous vivons ou encore avec qui l’on partage notre vie. Je parle de notre inconscient, celui qui nous mène et nous embarque, pour le meilleur… comme pour le pire. Le connaître permet de se comprendre, de se connaître pour comprendre et de se réarticuler, de rebondir même, de prendre telle route ou telle autre. La préparation mentale débute par cette démarche de connaissance de soi, de son idéal. Elle est donc personnelle. On parlera d’introspection, courte ou longue peu importe, ce qui est appris servira. Puis le psy passe coach. Une partie plus technique, psycho-corporelle, prend la suite avec des exercices métaphoriques permettant de mieux maîtriser sa respiration, sa concentration, puis arrive l’apprentissage des ressentis physiques, mentaux voire émotionnels, car cela fait partie de notre fonctionnement. Ne pas les bloquer mais les comprendre, se comprendre et utiliser ce qui est agréable et positif, et laisser glisser le reste, le laisser passer. Comme dans la vie, ce qui est mauvais doit partir, passer à côté. Et puis, il y a les séances de visualisation. On formate le logiciel en effaçant les points bloquants, les pensées parasites, les échecs, les freins divers, les points noirs, pour les remplacer par les bons, les moments agréables, les ressources qui nous ont permis d’avancer et de réussir avec satisfaction, car il y en a et il faut les utiliser. Elles ne s’usent que si nous ne nous en servons pas.

Bernard Meunier : "osez entreprendre !"
Bernard Meunier – Ex-négociateur du GIGN, psychanalyste et sophrologue.

De la négociation à la psychanalyse

Toute sa vie, Bernard Meunier aura été à l’écoute. D’abord, par la force des choses, en devenant le premier négociateur au sein du GIGN, puis à présent dans son cabinet de psychanalyste et sophrologue qu’il tient à Dijon depuis 2020. Sa légitimité, il la tient d’un passé qui aura forgé un caractère attentif et une parfaite maîtrise de soi. À l’âge de 26 ans, en 1988, alors que des indépendantistes du FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) ont pris d’assaut une gendarmerie, tuant cinq militaires et en retenant 27 autres en otage dans la grotte d’Ouvéa, Bernard Meunier est envoyé sur place pour résoudre cette crise. Il acceptera même d’être retenu en otage pour élaborer avec succès une stratégie de cheval de Troie. Huit longs jours dont le souvenir reste encore intact dans la mémoire de notre homme. Par la suite, il interviendra aussi sur de nombreuses situations de forcenés retranchés et de prises d’otages dont celle du détournement de l’avion Paris-Alger par quatre terroristes du Groupe islamiste armé (GIA) en décembre 1994. De son parcours, Bernard tirera trois livres : Négociation de crise, de la prise d’otage à la scène de ménage (2004) ; Passage à l’acte, comprendre les tueries en milieu scolaire (2020) et La négociation est une arme (2021). Aujourd’hui, il partage son expérience au sein de son cabinet de psychanalyste et sophrologue. Sportifs, gendarmes, policiers, militaires, mais aussi entrepreneurs et décideurs : Bernard Meunier aide les autres à aller de l’avant.

Jonas Jacquel

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